Sexualité compulsive? Enfin reconnu comme un problème

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans la classification internationale CIM11 (Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, à paraître prochainement), insérera pour la première fois le désir sexuel excessif en tant que trouble mental, qui sera appelé "trouble du comportement sexuel compulsif".

En 2013, les rédacteurs du DSM-5, le manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux, ont refusé d'ajouter un trouble appelé «trouble hypersexuel»: ce diagnostic aurait pu être utilisé pour diagnostiquer les dépendances au comportement sexuel, mais cela était dicté par le fait qu'il y avait encore trop de doutes sur la cause et la manifestation du désordre. Cela a certainement causé de gros problèmes à ceux qui en souffrent, entravant la prévention, la recherche et les efforts thérapeutiques et laissant les cliniciens sans diagnostic unique pour cette maladie.

Selon la proposition actuelle, le "trouble du comportement sexuel compulsif" se caractérise par une difficulté persistante à contrôler les impulsions ou les désirs intenses et répétitifs à des fins sexuelles conduisant à un comportement sexuel compulsif. Les symptômes peuvent inclure des activités sexuelles répétitives qui deviennent un élément central de la vie d'une personne, au point d'oublier sa santé ou ses soins, ou encore ses intérêts, ses activités et ses responsabilités. De nombreux efforts sont faits, sans succès, pour réduire les comportements sexuels répétitifs et continus, malgré les conséquences néfastes ou malgré le peu ou pas de satisfaction.

L'incapacité à maîtriser les pulsions ou désirs sexuels intenses et le comportement sexuel répétitif qui en résulte doivent survenir pendant une période prolongée (plus de 6 mois) et provoquer une détresse marquée (= détresse) ou des problèmes significatifs dans l'un des domaines suivants: personnel, familial, social, éducatif, professionnel ou dans un autre domaine important du fonctionnement de la vie. Le fait de poser un diagnostic doit être gêné par le jugement négatif que l'on porte sur son désir sexuel compulsif, tandis que la simple désapprobation de ses pulsions, de ses désirs et de son comportement sexuel ne suffit pas à enrayer le malaise. Il est également important que la personne ne présente pas de paraphilie, c’est-à-dire que ce comportement sexuel compulsif ne concerne pas les fantasmes au contenu figé et rigoureusement différents de l’acte sexuel génital (c.-à-d. Une "perversion", telle que définie dans les classifications diagnostiques précédentes).

Plusieurs experts restent sceptiques quant à cette proposition de classification, soulignant qu’il n’existe toujours pas suffisamment de preuves scientifiques pour appuyer cette décision. En fait, chaque fois que nous parlons d’une nouvelle étiquette de diagnostic, nous sommes confrontés à des controverses qui mettent en évidence le fait que la façon de procéder n’est pas non ambiguë et qu’il pourrait y avoir des changements par la suite. Toutefois, cela pourrait certainement aussi représenter un tournant dans la possibilité de surmonter une situation difficile à accepter. L'inclusion de la dépendance sexuelle compulsive dans la liste des troubles mentaux pourrait en réalité revêtir une grande importance pour les personnes souffrant de ce problème, malgré les diverses critiques formulées.

Je remercie le Dr. Stefano Eleuteri pour sa collaboration