Trouble sexuel compulsif à l'adolescence: le rôle de la compétence parentale

L’adolescence est une période de transition marquée par la présence de profonds changements physiques, émotionnels et relationnels, au cours de laquelle les jeunes s’engagent dans l’exploration de eux-mêmes, de leur corps, de leurs pulsions et de leurs émotions. L'adolescence implique la confrontation, la négociation et la remise en question des règles, des valeurs et des idéaux. La famille a pour tâche de trouver de nouveaux équilibres et de nouvelles dispositions susceptibles de favoriser la croissance de leurs enfants.

Un aspect particulièrement pertinent dans cette phase concerne la sexualité. En effet, des facteurs biologiques, psychosociaux et familiaux interviennent et modèrent la sexualité agitée des adolescents.

Les comportements, les choix sexuels et les expériences sexuelles sont influencés par diverses variables, notamment: la pression exercée par le groupe de pairs sur le conformisme, les modèles familiaux, les scénarios et la religiosité. L'impulsivité, les comportements sexuels à risque et les grossesses non désirées font partie des comportements et situations problématiques dans lesquels les adolescents peuvent se trouver impliqués. Parallèlement à ces difficultés, l'un des désordres que l'on rencontre souvent dans cette période de la vie est le désordre sexuel compulsif.

Le trouble sexuel compulsif, récemment inclus par l'Organisation mondiale de la santé dans la onzième édition de la Classification internationale des maladies (CIM-11), décrit dans la catégorie: Trouble du contrôle et du pouls (CSBD) un trouble caractérisé par présence d'une préoccupation sexuelle répétitive et intense, de fantasmes, d'impulsions et de comportements sexuels qui compromettent le fonctionnement normal, créent un malaise d'un point de vue personnel et social pour la personne et influencent négativement le comportement à l'âge adulte.

La plupart des études sur la SCB ont porté sur des adultes et ont rarement enquêté sur la présence de ce trouble à l'adolescence, en tenant compte du profil psychologique, du sexe, des attitudes, de la religiosité et de l'influence du contexte familial.

Une récente étude israélienne, menée par Efrati Yaniv, a analysé le rôle de la parentalité et de la communication parent-enfant dans les troubles sexuels compulsifs. L'étude a réuni 275 familles israéliennes avec un enfant, qui ont reçu plusieurs questionnaires qu'ils ont considérés parmi les variables: efficacité personnelle et estime de soi des parents, communication, anxiété et stress et comportement comportement sexuel compulsif sur une base individuelle et certains aspects sociodémographiques, y compris la religiosité.

Les résultats de la recherche ont montré comment la compétence parentale (auto-efficacité et estime de soi) peut influer sur la qualité de la communication avec les enfants et son influence sur la sévérité du trouble du comportement sexuel compulsif.

En particulier, il a été constaté qu'une communication plus ouverte sur la sexualité avec les filles est associée à une moins grande compulsivité sexuelle, et qu'une plus grande compétence maternelle semble être liée à un niveau inférieur de psychopathologie. Les mères qui ont une haute estime de soi en ce qui concerne leurs compétences parentales se sentent plus à l'aise face à différents problèmes, en particulier avec des filles plus ouvertes et plus enclines à l'éducation sexuelle de leurs enfants. Les sentiments de sentiment d'efficacité personnelle des parents ont une influence sur le style et les stratégies d'éducation utilisés dans les interactions avec les enfants et favorisent une communication de qualité permettant d'éviter les comportements sexuels précoces et à risque. De plus, la présence de psychopathologies, ainsi que la religiosité, influencent le degré d'ouverture et la qualité de la communication sur la sexualité.

Certaines différences ont été trouvées dans le rapport et sur la qualité de la communication parent-enfant. Selon les résultats de cette étude, d’autres études précédentes indiquent que les hommes et les garçons ont plus de difficulté à traiter les problèmes personnels et intimes, sont moins expressifs verbalement, ont une plus faible révélation de soi et ne sont pas en harmonie avec les signaux émotionnels et relation vis-à-vis des filles et des femmes. Ces difficultés à partager des expériences émotionnelles et intimes, ainsi que des différences individuelles et culturelles, peuvent nuire à la capacité de certains garçons et pères d'avoir des conversations ouvertes et intimes sur la santé sexuelle.

Cependant, la plupart de ces résultats font référence à des différences individuelles ou à leur absence. L'étude souligne également que la présence de problèmes et de troubles de la sexualité à l'adolescence ne reflète pas seulement les différences et les caractéristiques individuelles, mais est également influencée par le contexte familial.

Les réflexions analysées jusqu'à présent confirment qu'une bonne communication entre les parents et les enfants est fondamentale pour promouvoir la santé sexuelle des enfants et prévenir les comportements à risque.

Merci pour votre coopération Dr. Giulia Catania